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Al-Asmai – الأَصْمَعِيُّ (ت : 215 H)

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Identité et origine

Al-Asmai est l’imam de la langue de son temps, l’une des grandes références en langue arabe, en poésie et en récits des Arabes. On le surnomma « la langue des Arabes » (lisan al-Arab) et la référence de l’adab.

  • Nom complet : Abd al-Malik ibn Qourayb (on dit que son vrai nom était Aasim, et Qourayb un surnom) ibn Abd al-Malik ibn Ali ibn Asma
  • Kunya : Abou Said
  • Origine : de Bassora, de la tribu de Bahila, d’où sa nisba al-Bahili al-Basri
  • Naissance : à Bassora, vers l’an 122 de l’hégire

Ses savants et ses élèves

  • Ses savants : Abd Allah ibn Awn, Chouba ibn al-Hajjaj, Abou Amr ibn al-Ala, Hammad ibn Salama, al-Khalil ibn Ahmad, et Soulayman ibn al-Moughira ; il récita le Coran sous la direction de Nafi ibn Abi Nouaym.
  • Ses élèves : Abou Oubayd al-Qasim ibn Sallam, Abou Hatim al-Sijistani, Abou al-Fadl al-Riyachi, Ahmad ibn Mouhammad al-Yazidi et Nasr ibn Ali al-Jahdami.

Sa place et son rang

Al-Asmai était l’imam de son époque en langue, un océan dans cette science, savant dans la poésie, les mots rares (gharib), les récits et les traits d’esprit. Il avait une main rare et éclatante en langue.

Il était d’une expression et d’un style remarquables, au point que l’imam al-Chafii disait de lui : « Personne n’a mieux exprimé la langue des Arabes qu’al-Asmai. » Il avait une vive intelligence, un esprit toujours présent, une mémoire prodigieuse et une vaste connaissance de la langue, de la poésie et des raretés. Il disait lui-même : « Je retiens seize mille ourjouza (poèmes en mètre rajaz). »

Il fut proche du calife al-Rachid, qui appréciait beaucoup son savoir et son talent de conteur, au point de le surnommer « le diable de la poésie » (chaytan al-chiir) tant sa connaissance des vers était grande.

Al-Asmai et l’histoire du vers « muhriman »

On rapporte une joute célèbre entre al-Asmai et al-Kisai, en présence d’al-Rachid. Al-Asmai interrogea al-Kisai sur le sens du mot muhriman dans ce vers :

« Ils tuèrent Ibn Affan, le calife, alors qu’il était muhrim… »

Al-Kisai répondit : « Il était en état de sacralisation pour le pèlerinage (ihram). » Al-Asmai récita alors un autre vers où le même mot apparaît à propos de Khosraw, le roi perse — qui n’accomplissait évidemment pas le pèlerinage. Al-Rachid dit alors à al-Kisai : « Ô Ali, quand vient la poésie, méfie-toi d’al-Asmai ! » Al-Asmai expliqua que muhriman signifiait ici « protégé par la sacralité » — celle de l’islam pour Othman, celle du pacte pour Khosraw.

De ses paroles

  • « Ce que je crains le plus pour l’étudiant qui ne connaît pas la grammaire, c’est qu’il tombe sous la parole du Prophète ﷺ : « Quiconque ment sur moi, qu’il prépare sa place en Enfer » — car le Prophète ﷺ ne commettait pas de fautes de langue ; ainsi, chaque fois que tu rapportes de lui un hadith en fautant, tu mens sur lui. »
  • « Celui qui ne supporte pas l’humiliation d’apprendre une heure restera dans l’humiliation de l’ignorance pour toujours. »

Sa croyance

Al-Asmai était un homme pieux, attaché à la Sunna. Ibrahim al-Harbi disait que, parmi les savants de la langue à Bassora, seuls quatre étaient des gens de la Sunna : Abou Amr ibn al-Ala, al-Khalil ibn Ahmad, Younous ibn Habib et al-Asmai. L’imam Ahmad ibn Hanbal fit son éloge et loua sa religion. Son élève Nasr ibn Ali al-Jahdami disait : « Je n’ai vu personne plus attaché à la Sunna qu’al-Asmai, et Allah l’a élevé. »

Ses paroles témoignent de la droiture de sa croyance. En réponse aux mutazilites qui niaient les noms d’Allah, il disait : « Quand tu entends un homme dire : « Le nom est autre que le nommé », juge — ou plutôt : témoigne — qu’il est un hérétique. » Et lorsqu’une femme nia l’élévation d’Allah sur Son Trône, il déclara qu’elle était mécréante par cette parole.

Par piété, il s’abstenait d’interpréter le hadith du Prophète ﷺ comme il s’abstenait d’interpréter le Coran — par crainte de se tromper sur le sens.

Ses œuvres

Al-Asmai composa de nombreux ouvrages, la plupart de courts traités, dont beaucoup ont été perdus. Parmi eux : al-Ibil (les chameaux), al-Khayl (les chevaux), Khalq al-insan (la création de l’homme), al-Addad (les contraires), al-Farq, al-Nabat wa al-shajar (les plantes et les arbres), al-Wouhouch (les bêtes sauvages), al-Hamza, al-Maqsour wa al-Mamdoud et al-Sifat. On lui doit aussi le célèbre recueil de poésies connu sous le nom d’al-Asmaiyyat.

Sa mort

Al-Asmai mourut à Bassora en l’an 215 de l’hégire (d’autres disent 213, 216 ou plus tard), à un âge avancé, dépassant quatre-vingt-dix ans selon plusieurs récits.

Abou al-Atahiya le pleura dans ces vers :

« Je pleure la perte d’al-Asmai ; il s’en est allé, digne d’éloges, ayant sa part en toute bonne œuvre. Il était l’étoile de nos assemblées ; quand ses jours s’achevèrent, l’étoile s’éteignit. »


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