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Trois habitudes qui transforment ton étude de la littérature arabe

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Quand on commence à étudier sérieusement la langue arabe, notamment la littérature arabe, on imagine souvent qu’il suffit d’accumuler du vocabulaire, de retenir des règles et de collectionner les citations classiques pour finir par bien maîtriser la langue. C’est l’idée la plus répandue, et celle qui mène le plus souvent à l’impasse.

Ceux qui ont vraiment progressé te diront autre chose : la langue ne se transmet pas comme un stock d’informations, elle se forme comme une aptitude intérieure, quelque chose qui pousse en toi à force de pratique. Et cette aptitude ne s’acquiert qu’à travers un travail patient, dont le but est simple : être capable de tirer de toi ce que tu as à dire, et de le mettre en mots.

Tant que ce but n’est pas clair, l’étudiant peut passer des années sur les manuels sans jamais devenir capable d’écrire un texte vivant, ni même de raconter simplement ce qu’il a vu dans sa journée. Trois habitudes, en revanche, lorsqu’elles sont prises ensemble, changent tout.

1. Écrire

L’étudiant devra écrire. Sans ce geste, rien ne se construit.

L’écriture demandée ici n’a rien d’ambitieux au départ : il s’agit simplement de décrire. Prendre un objet, une scène, une personne croisée dans la journée, et la décrire avec les moyens du moment. Décrire un fleuve, un animal, un marché.

Beaucoup trouveront cet exercice inutile. « Décrire un fleuve ? À quoi bon ? » C’est précisément l’erreur. Ce qu’on néglige au début est souvent la clé. Quand l’étudiant prend son stylo et écrit, ce geste, qu’il regarde peut-être avec dédain, fait un travail invisible : il bâtit en lui la capacité de dire ce qu’il pense.

Il devra écrire chaque jour. Pas longtemps, mais régulièrement. Le matin, le soir, peu importe, l’essentiel, c’est la régularité.

Au début, ce sera difficile, parce qu’il n’a pas encore l’habitude. Pour franchir ce moment, qu’il imite.

Qu’il prenne les livres références dans la littérature arabe, … . Qu’il choisisse un sujet traité, et qu’il écrive sur le même sujet en cherchant à retrouver la même façon de construire et d’enchaîner.

Écris, puis jette. Écris encore, puis jette. Continue ainsi jusqu’au jour où une de tes pages méritera d’être gardée.

Le boulanger débutant fait un premier pain tordu, un deuxième brûlé, un troisième raté, et il continue jusqu’au jour où le pain sort comme il faut. L’étudiant n’est pas différent : il essaie, il rate, il recommence, jusqu’au jour où la langue le suit.

2. Lire en ANALysant les textes

L’étudiant devra apprendre à lire de près. Qu’il prenne un passage de prose ou de poésie classique et qu’il regarde en détail ce qui s’y passe. La première étape, simple mais décisive, c’est de mettre un nom sur ce qu’il voit. Cette tournure, cette image, ce procédé, comment les anciens les appelaient-ils ? S’il n’arrive pas à le dire, c’est le signe qu’il a besoin d’étudier la rhétorique arabe (al-balagha).

Et qu’il ne croie pas que cette démarche est secondaire : c’est la bonne méthode.

Une fois qu’il sait nommer ce qu’il lit, il pourra comprendre pourquoi telle construction est juste, ce qu’elle produit comme effet, comment elle est agencée. Petit à petit, il se familiarise avec le texte, et le texte avec lui.

Et là encore, l’effort doit s’accompagner de correction. L’étudiant peut se tromper sans s’en rendre compte. Qu’il soumette son travail à quelqu’un capable de lui dire si c’est juste ou non. C’est ainsi qu’en joignant la lecture attentive à l’écriture, il commence vraiment à se construire.

3. Parler

L’étudiant devra parler. Celui qui ne s’exprime jamais à voix haute ne progresse pas.

Et qu’il ne se dise pas : « Mais avec qui ? Je n’ai personne autour de moi qui parle un bel arabe. » Ce n’est pas une excuse. Qu’il parle à son verre, qu’il parle à son livre. Qu’il leur raconte ce qui s’est passé dans sa journée, mais en s’efforçant de le faire en arabe clair. Le verre ne le jugera pas, le livre ne l’entendra pas, il n’a aucune raison d’avoir peur.

On raconte qu’un enseignant, voyant son école désertée, prit une série d’outres à eau, les disposa dans la salle, leur donna des noms, et entrait chaque matin pour faire son cours comme si elles étaient ses élèves. Son but : ne pas laisser ce qu’il savait s’éteindre faute d’usage.

L’étudiant qui marche dans la rue en se parlant tout seul, en se mettant mentalement face à un public imaginaire, n’est pas un homme bizarre : il s’entraîne. Sinon, comment expliquer qu’on puisse passer des années en classe, et se mettre à trembler dès qu’on doit dire trois mots devant une assemblée ?

DEUX rappels pour finir

Sur l’effort. Personne, aujourd’hui, ne fera ce chemin à la place de l’étudiant. L’effort seul ne connaît ni lassitude ni abandon. On tombe un jour, on se relève le lendemain. Parfois l’inspiration vient, parfois l’esprit se ferme et l’angoisse monte, puis Allah fait venir le soulagement : « Avec la difficulté vient la facilité. » Et l’étudiant reprend son chemin et ses efforts.

Sur le goût. Ce qui éloigne la plupart des étudiants, c’est qu’ils n’y ont jamais vraiment pris goût. S’ils y goûtaient, ils ne pourraient plus s’en passer. Ce goût manque parce qu’ils n’ont jamais transformé, par le travail, leur rapport au savoir.

En résumé

Celui qui veut entrer véritablement dans la littérature arabe devra écrire chaque jour, lire les textes de la littérature arabe, en les étudiant, et parler la langue, même seul, même à un livre.

Avec ces trois habitudes, et avec le temps, la langue finit vraiment par devenir la sienne.


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