• Al-Kisai – الكِسَائِيُّ (ت: 189 هـ)

    Identité et origine

    Al-Kisai est l’imam de la grammaire, de la langue et de la lecture coranique à Bagdad. Il est l’un des sept lecteurs (qourra) du Coran, et le grand savant de l’école grammaticale de Koufa.

    • Nom complet : Ali ibn Hamza ibn Abdillah ibn Bahman ibn Fayrouz
    • Kunya : Abou al-Hassan
    • Origine : d’ascendance perse, affranchi (mawla) des Banou Asad ; rattaché à Koufa, d’où sa nisba al-Asadi al-Koufi
    • Naissance : à Koufa, vers l’an 120 de l’hégire

    Originaire de Koufa, il s’installa ensuite à Bagdad. Il se consacra d’abord à la lecture du Coran auprès des grands savants de son temps, avant de se tourner vers la grammaire.

    Le sens de son surnom « al-Kisai »

    Plusieurs explications ont été données, mais la plus solide est celle qu’il rapporta lui-même : interrogé sur l’origine de son surnom, il répondit « parce que je me suis mis en état de sacralisation (ihram) enveloppé d’un manteau (kisa) ». On dit aussi qu’il avait l’habitude de s’envelopper dans un kisa lorsqu’il récitait devant son savant Hamza al-Zayyat.

    Ses savants et ses élèves

    • Ses savants : al-Khalil ibn Ahmad, Abou Jaafar al-Rou’asi, Maadh al-Harra (auprès de qui il apprit la grammaire), Jaafar al-Sadiq, al-Aamach ; et pour la lecture du Coran, Hamza al-Zayyat (sur qui il récita le Coran quatre fois), Ibn Abi Layla et Aasim ibn Abi al-Najoud.
    • Ses élèves : Yahya al-Farra, Abou Amr al-Douri, et Abou Oubayd al-Qasim ibn Sallam.

    Ce qui le conduisit à la grammaire

    Al-Kisai apprit la grammaire sur le tard. Avant de s’y consacrer, il fréquentait un groupe de gens cultivés. Un jour, il arriva épuisé d’une longue marche et dit : « qad ʿayītou »«قَدْ عَيِيتُ» (« je suis épuisé »), mais en se trompant dans le mot. On le reprit : « Tu t’assieds avec nous et tu fais des fautes de langue ? » Il demanda : « En quoi ai-je fauté ? » On lui expliqua : « Si tu veux dire que tu es fatigué par la marche, dis aʿyaytou«أَعْيَيْتُ» ; si tu veux dire que tu es à bout de ressources dans une affaire, dis ʿayītou«عَيِيتُ» (sans redoublement). »

    Vexé par cette remarque, il se leva aussitôt, demanda qui enseignait la grammaire, et s’y attacha jusqu’à devenir l’imam de Koufa dans cette science, en plus d’être l’un des sept lecteurs du Coran.

    Sa personnalité et son rang

    Al-Kisai était un homme d’un grand mérite dans sa religion et sa science, imam à la fois en grammaire, en langue et en lectures coraniques. Sa lecture du Coran est l’une des sept lectures sûres et fidèlement transmises (moutawatira). Il fut le précepteur du calife al-Rachid, puis de son fils al-Amin.

    Les savants ont fait son éloge :

    • L’imam al-Chafii disait : « Qui veut devenir savant en grammaire dépend entièrement d’al-Kisai. »
    • Al-Farra raconta qu’il débattit un jour avec lui et conclut : « C’était comme si j’étais un oiseau buvant à une mer. »
    • Ibn al-Anbari dit qu’il réunissait ce que nul autre ne réunissait : il était le plus savant des gens en grammaire, unique dans les mots rares, et seul dans la science du Coran. Les gens étaient si nombreux à venir vers lui qu’il les rassemblait, s’asseyait sur une chaise et récitait le Coran d’un bout à l’autre, pendant qu’ils notaient jusqu’aux pauses et aux départs.

    On rapporte qu’on ne lui posait jamais une question de fiqh sans qu’il y réponde à partir des règles de la grammaire. Ainsi, on lui demanda : « Que dis-tu de celui qui se trompe dans la prosternation de l’oubli, doit-il en refaire une ? » Il répondit : « Non : car le diminutif ne se diminue pas. »

    Sa croyance

    Al-Kisai était un homme de la Sunna. Abou Omar al-Douri rapporte qu’il ne changea rien à sa conduite auprès du pouvoir, sinon son habit. Un savant de Koufa, le voyant porter de larges manches, lui demanda : « Quelle est cette tenue, ô Abou al-Hassan ? » Il répondit : « C’est une convenance imposée par le pouvoir : elle n’entame pas la religion, n’introduit aucune innovation, et ne fait pas sortir de la Sunna. »

    La question du zounbour

    C’est al-Kisai qui posa à Sibawayh la fameuse question du zounbour (al-mas’ala al-zounbouriyya), lors de leur célèbre joute à Bagdad. Les deux hommes s’opposèrent sur la manière de dire « et voilà que c’était bien elle » : Sibawayh défendait « houwa hiya », al-Kisai admettait aussi « houwa iyyaha ».

    Sur le fond, les savants ont jugé que la réponse juste était celle de Sibawayh, appuyée par plusieurs versets du Coran. Mais cette divergence montre surtout la différence de méthode entre les deux écoles : les Basriens ne fondaient leurs règles que sur l’usage le plus répandu chez les Arabes les plus purs, tandis que les Koufiens acceptaient comme base ce que les Basriens tenaient pour rare ou exceptionnel.

    Ses œuvres

    Al-Kisai laissa de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Maani al-Quran, Moukhtasar fi al-Nahw (un abrégé de grammaire), al-Qira’at (les lectures), Maqtou al-Quran wa mawsoulihi, al-Nawadir (recueil de raretés, en grande et petite version), al-Hija et al-Masadir.

    On lui attribue aussi ces vers :

    أَيُّهَا الطَّالِبُ عِلْمًا نَافِعًا ❁ اطْلُبِ النَّحْوَ ودَعْ عَنْكَ الطَّمَعْ

    إِنَّمَا النَّحْوُ قِيَاسٌ يُتَّبَعْ ❁ وبِهِ فِي كُلِّ عِلْمٍ يُنْتَفَعْ

    « Ô toi qui cherches une science utile, recherche la grammaire et laisse la convoitise. Car la grammaire est une règle que l’on suit, et par elle on tire profit de toute science. »

    Sa mort

    Al-Kisai mourut à al-Rayy, dans un village appelé Ranbouya, alors qu’il accompagnait al-Rachid, en l’an 189 de l’hégire, à l’âge d’environ soixante-dix ans. Fait remarquable, il mourut le même jour que le juriste Mouhammad ibn al-Hassan al-Chaybani, le compagnon d’Abou Hanifa. Le calife al-Rachid dit alors cette parole restée célèbre :

    «دَفَنَّا الْفِقْهَ وَاللُّغَةَ بِالرَّيِّ فِي يَوْمٍ وَاحِدٍ»

    « Nous avons enterré le fiqh et la grammaire à al-Rayy le même jour. »

  • Sibawayh – سِيبَوَيْهِ (ت: 180 هـ)

    Identité et origine

    Sibawayh est l’imam de la grammaire arabe et la grande référence des Arabes en matière de langue (houjjat al-Arab). C’est lui qui, le premier, développa et organisa la science de la grammaire (nahw).

    • Nom complet : Amr ibn Outhman ibn Qanbar
    • Kunya : Abou Bichr (on dit aussi Abou al-Hassan, mais Abou Bichr est la plus connue)
    • Origine : d’origine perse, affranchi (mawla) des Banou al-Harith ibn Kaab ; on le rattache ensuite à Bassora, d’où sa nisba al-Farisi al-Basri
    • Naissance : en l’an 148 de l’hégire, dans un village proche de Chiraz appelé al-Bayda, au pays de Perse

    Il naquit en Perse, mais grandit et se forma à Bassora, où il commença par fréquenter les gens du hadith et les juristes, à la recherche des traditions prophétiques et du fiqh.

    Le sens de son surnom « Sibawayh »

    Le nom Sibawayh est un surnom d’origine persane qui signifie « parfum de pomme » (rayhat al-touffah). On dit qu’il lui fut donné parce que ses joues étaient roses comme deux pommes. Selon un autre récit, sa mère le lui répétait pour le bercer quand il était petit.

    Ses savants et ses élèves

    • Ses savants : al-Khalil ibn Ahmad al-Farahidi, Issa ibn Omar, Younous ibn Habib, et Abou al-Khattab (al-Akhfach l’Ancien).
    • Ses élèves : Said ibn Massada (al-Akhfach al-Awsat) et Mouhammad ibn al-Moustanir, dit Qoutroub.

    Al-Khalil fut son principal savant, celui dont il apprit le plus. Lorsque Sibawayh venait le voir, al-Khalil l’accueillait par ces mots : « Bienvenue à un visiteur dont on ne se lasse jamais ! »

    Ce qui le conduisit à la grammaire

    Un jour, Sibawayh écrivait sous la dictée de Hammad ibn Salama. Comme il fit une faute de langue (lahn) en lisant un mot, Hammad le reprit. Sibawayh dit alors : « Je vais chercher une science dans laquelle tu ne pourras plus me reprendre. » Il s’attacha dès lors à al-Khalil ibn Ahmad, devint excellent en grammaire et y atteignit le plus haut niveau.

    Sa personnalité et son rang

    Sibawayh était un homme de la Sunna, qui aimait le savoir et les savants. Il fréquentait les traditionnistes et les juristes et recherchait les récits prophétiques et le fiqh. On le considère comme l’imam de la langue, la référence des Arabes et celui qui comprenait le mieux la grammaire.

    On rapporte qu’il avait du mal à s’exprimer à l’oral (hubsa), mais que sa plume, elle, était fluide et brillante : son savoir dépassait sa parole.

    C’était aussi un jeune homme beau et soigné, qui avait touché à toutes les sciences et pris part à tous les arts du langage, malgré son jeune âge.

    Son œuvre : al-Kitab

    Sibawayh composa al-Kitab (« le Livre »), considéré comme le premier ouvrage organisé qui rassemble et fixe les règles de la langue arabe. On l’appelle simplement « le Livre » parce que Sibawayh le laissa sans titre : mort jeune, il n’eut pas le temps de le reprendre ni de le terminer ; l’ouvrage n’a ni introduction ni conclusion, malgré sa très grande valeur.

    À Bassora, il suffisait de dire « un tel a lu le Livre » pour que l’on sache qu’il s’agissait d’al-Kitab. Les grammairiens qui vinrent après lui y puisèrent abondamment, sans jamais en épuiser la richesse.

    Al-Jahiz disait : « Personne n’a écrit en grammaire un livre comparable, et tous les autres livres lui doivent quelque chose. » Quant à al-Moubarrad, lorsqu’un étudiant voulait lire al-Kitab avec lui, il lui demandait : « As-tu déjà pris la mer ? » pour en montrer la grandeur et la difficulté.

    Al-Zamakhchari composa pour lui ces vers :

    أَلَا صَلَّى الإِلَهُ صَلَاةَ صِدْقٍ *** على عَمْرِوِ بن عُثْمَانَ بنِ قَنْبَرْ
    فَإِنَّ كِتَابَه لم يُغْنِ عَنهُ *** بَنو قَلَمٍ وَلَا أَبنَاءُ مِنْبَرْ

    « Qu’Allah répande Sa bénédiction sincère sur Amr ibn Outhman ibn Qanbar. Car de son livre, ni les gens de plume ni les gens de chaire n’ont pu se passer. »

    La question du zounbour

    On rapporte souvent que la mort de Sibawayh fut liée à une joute oratoire (mounazara) qui l’opposa à al-Kisai à Bagdad, en présence de Said al-Akhfach et d’al-Farra. Réunis chez les Barmakides, on leur posa une question de grammaire : fallait-il dire « fa-idha houwa hiya » ou « fa-idha houwa iyyaha » (« et voilà que c’était bien elle ») ? Sibawayh donna la réponse juste selon les Basriens — « houwa hiya » —, mais on fit venir des bédouins qui, s’étant mis d’accord à l’avance avec al-Kisai, donnèrent l’autre réponse. La séance se termina sur l’apparente défaite de Sibawayh ; il quitta l’Irak et, dit-on, mourut peu après de chagrin.

    Mais ce récit n’est pas authentique : c’est une invention, comme l’a affirmé l’imam al-Dhahabi dans ses Siyar. Les signes de la fabrication y sont clairs : le rang d’al-Kisai dans le savoir et la religion, il est l’un des sept lecteurs célèbres du Coran, rend impossible qu’il se soit prêté à un tel complot et qu’il ait menti sur la langue des Arabes et celle du Coran, juste pour garder sa place auprès des gens.

    Sa mort

    Sibawayh mourut à Chiraz (ou à al-Ahwaz ; certains disent à Bassora), en l’an 180 de l’hégire. Il n’avait que trente-deux ans selon l’avis le plus répandu (d’autres disent une quarantaine d’années), parti très jeune, au sommet d’un savoir que personne après lui n’a égalé.

    On rapporte qu’à l’approche de la mort, posant sa tête sur les genoux de son frère qui pleurait, il récita ce vers :

    « Nous étions deux frères, et le temps nous a séparés jusqu’au terme le plus lointain — qui donc se croit à l’abri du temps ? »

  • Al-Khalil ibn Ahmad al-Farahidi – الخَلِيل بنُ أَحْمَد الفَرَاهِيدِيّ (ت: 170 هـ)

    Identité et origine

    Al-Khalil ibn Ahmad al-Farahidi est l’un des plus grands savants de la langue arabe, fondateur de la science de la métrique (al-aroud) et auteur du tout premier dictionnaire de l’arabe.

    • Nom complet : al-Khalil ibn Ahmad ibn Amr ibn Tamim
    • Kunya : Abou Abd al-Rahman
    • Origine : arabe, de la tribu d’Azd à Oman ; il porte la nisba al-Farahidi al-Azdi al-Yahmadi
    • Naissance : à Bassora, en l’an 100 de l’hégire
    • Spécialité : grammairien et lexicographe, fondateur de la métrique

    On rapporte qu’aucun homme ne fut nommé « Ahmad » après le Prophète ﷺ avant le père d’al-Khalil. Il naquit et grandit à Bassora, où il se voua très tôt à l’étude et à la recherche.

    Ses savants et ses élèves

    • Ses savants : Issa ibn Omar, Abou Amr ibn al-Ala, et Ayyoub al-Sakhtiyani. Il prit la grammaire d’Issa ibn Omar, qu’il loua dans ces vers : « La grammaire que vous aviez rassemblée s’est effacée, sauf ce qu’Issa ibn Omar a renouvelé. »
    • Ses élèves : Sibawayh, al-Nadr ibn Choumayl, al-Layth ibn al-Mouzaffar, al-Asmai, et al-Mouarrij ibn Amr al-Sadousi.

    Sibawayh fut son élève le plus proche : l’essentiel des récits cités dans son Kitab (le « Coran de la grammaire ») remonte à al-Khalil. Chaque fois que Sibawayh écrit « je l’ai interrogé » ou rapporte un avis sans nommer son auteur, c’est al-Khalil qu’il désigne.

    Sa personnalité

    Al-Khalil était une référence absolue dans la langue des Arabes, en même temps qu’un homme pieux, scrupuleux, sobre et humble, d’un rang immense. On disait : « Qui veut voir un homme façonné d’or et de musc, qu’il regarde al-Khalil ibn Ahmad. »

    Il fut l’un des plus grands ascètes de son temps, se contentant de peu et endurant la rudesse de la vie. Il vivait à Bassora dans une simple hutte de roseaux, ne possédant pas même deux fals, tandis que ses élèves gagnaient des fortunes grâce à son savoir. Il répétait souvent ce vers :

    « Quand tu auras besoin de tes trésors amassés, tu ne trouveras nul trésor comparable aux œuvres pieuses. »

    L’émir Soulayman ibn Habib al-Mouhallab le convoqua un jour pour qu’il instruise l’un de ses fils. Al-Khalil tendit au messager un quignon de pain sec et lui dit : « Je n’ai rien d’autre, et tant que je l’ai, je n’ai nul besoin de Soulayman. » Puis il fit dire à l’émir, en vers, qu’il se passait de lui et de ses biens.

    Il disait aussi : « Si ces gens-là (les savants) ne sont pas les alliés d’Allah, alors Allah n’a point d’allié. »

    Sa croyance

    Au début de sa vie, al-Khalil adhéra à la doctrine des Kharijites ibadites, puis il s’en détourna après avoir fréquenté Ayyoub al-Sakhtiyani. Il devint un homme de la Sunna : Ibrahim al-Harbi rapporte que, parmi les savants de la langue à Bassora, quatre seulement se distinguaient comme gens de la Sunna — Abou Amr ibn al-Ala, al-Khalil ibn Ahmad, Younous ibn Habib et al-Asmai.

    L’invention de la métrique (al-aroud)

    C’est dans la métrique qu’al-Khalil accomplit son œuvre la plus singulière : il en fut l’inventeur, sans nul précédent. À son époque, les poètes les plus récents commettaient des fautes dans les mètres du vers, par faiblesse de leur talent. Al-Khalil, par amour de la langue arabe, entreprit de fonder une science nouvelle pour redresser et régler les mètres du poème.

    Plusieurs récits rapportent le déclic :

    • Le récit de l’invocation : il aurait imploré Allah de lui accorder une science dont nul ne l’aurait précédé, puis se serait retiré du monde, et la métrique lui fut ouverte.
    • Le récit du forgeron : il serait passé près des chaudronniers et aurait conçu l’idée à partir du rythme du marteau frappant le plateau de cuivre.

    Il dénombra ainsi quinze mètres (bahr) : al-tawil, al-madid, al-basit, al-wafir, al-kamil, al-hazaj, al-rajaz, al-ramal, al-sari, al-mounsarih, al-khafif, al-moudari, al-mouqtadab, al-moujtath et al-moutaqarib. Al-Akhfach y ajouta plus tard un seizième, qu’il nomma al-khabab (ou al-moutadarik).

    Une anecdote célèbre rapporte qu’il scandait un jour les mètres à voix haute, seul dans sa maison. Son fils, le voyant ainsi, sortit annoncer aux gens : « Mon père a perdu la raison ! » Lorsqu’ils accoururent et lui rapportèrent les propos de l’enfant, al-Khalil répondit en vers :

    « Si tu savais ce que je dis, tu m’excuserais ; et si je comprenais ce que tu dis, je te blâmerais. Mais tu as ignoré mes paroles et tu m’as blâmé ; et j’ai su que tu ignorais, alors je t’ai excusé. »

    Le Kitab al-Ayn, premier dictionnaire de l’arabe

    Al-Khalil composa le premier dictionnaire de la langue arabe, le célèbre Kitab al-Ayn. Son classement repose non pas sur l’ordre alphabétique habituel, mais sur les points d’articulation des lettres (makharij) : il part du son le plus profond de la gorge, le ayn, qui donne son titre à l’ouvrage, pour avancer peu à peu jusqu’aux lèvres, terminant par le mim, puis les lettres de prolongation et la hamza.

    Quelques-unes de ses paroles

    Al-Khalil disait : « Les sciences sont des serrures, et les questions en sont les clés. »

    Il disait aussi : « Quand je sors de chez moi, je rencontre l’un de trois hommes : un homme plus savant que moi, et c’est un jour de profit ; un homme mon égal, et c’est un jour d’échange ; ou un homme de moindre savoir, et c’est un jour de récompense. »

    Et encore : « Les hommes sont quatre : celui qui sait et qui sait qu’il sait, c’est un savant, suivez-le ; celui qui sait mais ne sait pas qu’il sait, rappelez-le-lui ; celui qui ne sait pas et qui sait qu’il ne sait pas, c’est un ignorant, enseignez-le ; celui qui ne sait pas et ne sait pas qu’il ne sait pas, c’est un égaré, méfiez-vous-en. »

    Ibn al-Mouqaffa, après l’avoir rencontré, dit de lui : « J’ai vu un homme dont la raison dépassait le savoir. »

    Sa mort

    Al-Khalil ibn Ahmad mourut à Bassora, en l’an 170 de l’hégire (selon l’avis le plus retenu ; d’autres disent 160 ou 175). Il avait consacré sa vie au savoir, et laissa derrière lui une œuvre dont l’héritage perdure encore aujourd’hui.

  • Abu al-Aswad al-Dou’ali – أَبُو الْأَسْوَد الدُّؤَلِيّ (ت: 69 هـ)

    Identité et origine

    Abu al-Aswad al-Dou’ali (ou al-Dili) est l’un des grands savants des débuts de l’islam.

    • Nom complet : Zalim ibn Amr ibn Soufyan
    • Lignée : il remonte à al-Dou’il ibn Bakr ibn Abd Manat ibn Kinana
    • Connu par sa kunya : Abu al-Aswad
    • Mère : qurayshite, des Banou Abd al-Dar ibn Qousayy

    Ibn Abd al-Barr le décrit comme un homme de raison et de religion, d’éloquence et de clarté, doté de compréhension, d’intelligence et de fermeté.

    Il naquit à l’époque antéislamique (la jahiliyya), durant les années de la prophétie. Il embrassa l’islam du vivant du Prophète ﷺ, mais sans jamais le rencontrer : c’est pourquoi on le compte parmi les moukhadramin (ceux qui ont vécu durant les deux époques) et parmi les grands Tabiine, et non parmi les Compagnons.

    Sa vie et ses engagements

    Abu al-Aswad s’établit à Bassora. Il fut un partisan affirmé de la famille du Prophète :

    • il combattit aux côtés de Ali ibn Abi Talib à la bataille du Chameau ;
    • il assista ensuite avec lui à Siffin ;
    • Ali le nomma gouverneur de Bassora après Ibn Abbas ;
    • il y exerça aussi la fonction de juge (qadi).

    Il était l’une des figures les plus en vue parmi les partisans de Ali, et l’un des plus accomplis par l’intelligence et le jugement. Après la mort de Ali, il se rendit auprès de Mouawiya, qui l’accueillit avec honneur et le récompensa généreusement.

    Certains lui reprochèrent d’adhérer à la doctrine du qadar, mais cette accusation est très éloignée de la réalité : il fut l’élève et le scribe d’Ibn Abbas, les six grands recueils de hadith rapportent de lui, et les savants se sont accordés sur sa fiabilité. Mouslim rapporte même de lui un récit qui atteste sa croyance droite au décret divin.

    Sa place dans la science

    Abu al-Aswad transmit le savoir des plus grands Compagnons :

    • Ses savants : Omar, Othman, Ali, Oubayy ibn Kaab, Abou Dharr, Ibn Massoud et al-Zoubayr. Il reçut sa lecture du Coran de Othman et de Ali.
    • Ses élèves : son fils Abou Harb, Yahya ibn Yamar et Nasr ibn Assim al-Laythi.

    Les savants du hadith, comme Ahmad al-Ijli et Yahya ibn Main, l’ont déclaré digne de confiance (thiqa). Al-Jahiz le présente comme un homme aux multiples qualités, compté à la fois parmi les Tabiine, les juristes, les poètes, les traditionnistes, les nobles, les cavaliers, les gouverneurs, les fins stratèges et les grammairiens.

    Le fondateur de la grammaire arabe

    C’est dans la grammaire (nahw) qu’Abu al-Aswad laissa sa marque la plus durable : il fut le premier à en poser les bases. À cette époque, la langue arabe commençait à se corrompre du fait du mélange avec les non-Arabes, et les fautes de langue (lahn) gagnaient jusqu’aux gens de qualité.

    Plusieurs récits expliquent le déclic :

    1. Le récit de sa fille : voulant s’exclamer sur la chaleur, elle lui dit « ma ashadda al-harr », mais en vocalisant de travers ; il crut d’abord qu’elle posait une question.
    2. Le récit du verset : il entendit un lecteur réciter le verset de la sourate al-Tawba en prononçant « wa rasoulihi » avec une kasra, ce qui inversait gravement le sens.

    Alerté, il rapporta la chose à Ali. Celui-ci lui remit alors un feuillet où il était écrit :

    « Le discours est tout entier nom, verbe et particule : le nom désigne ce qui est nommé, le verbe exprime le mouvement de ce qui est nommé, et la particule indique un sens qui n’est ni nom ni verbe. »

    Il lui ordonna de suivre cette voie et de la compléter. Lorsque Abu al-Aswad lui montra son travail, Ali dit : « ma ahsana hadha al-nahw alladhi nahawta » (« comme est belle cette voie que tu as suivie ») — et c’est de là, dit-on, que la grammaire prit le nom de nahw.

    Abu al-Aswad établit ainsi les premiers chapitres de la grammaire :

    • le sujet (al-fail) ;
    • le complément d’objet (al-mafoul bihi) ;
    • le complément du nom (al-moudaf) ;
    • les particules du nasb, du rafa, du jarr et du jazm.

    Il ajouta ensuite inna et ses sœurs, puis institua le chapitre de l’exclamation (al-taajjoub).

    La vocalisation du Coran

    Il fut également le premier à introduire un système de points pour vocaliser le texte coranique et le préserver des erreurs de lecture. Il demanda un scribe au gouverneur Ziyad et lui expliqua sa méthode :

    • un point au-dessus de la lettre pour la fatha ;
    • un point devant pour la damma ;
    • un point au-dessous pour la kasra ;
    • deux points lorsque s’y ajoutait le tanwin.

    C’est ce qu’on appelle « le pointage d’Abu al-Aswad ».

    Le savoir grammatical qu’il avait fondé fut ensuite transmis d’un savant à l’autre :

    Abu al-Aswad → Anbasa al-Fil → Maymoun al-Aqran → Abd Allah ibn Abi Ishaq al-Hadrami → Issa ibn Omar → al-Khalil ibn Ahmad → Sibawayh : fondant ainsi toute la tradition grammaticale arabe.

    Sa mort et une parole

    Abu al-Aswad mourut à Bassora lors de la peste dite al-Jarif, en l’an 69 de l’hégire, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, à l’époque d’Ibn al-Zoubayr.

    On lui attribue cette parole :

    « Rien n’est plus précieux que le savoir, car les rois gouvernent les gens, et les savants gouvernent les rois. »

  • L’origine de la grammaire arabe : pourquoi et comment elle fut établie


    Introduction

    Au début de l’islam, la langue arabe commença à se corrompre. Les Arabes côtoyaient de plus en plus les peuples non-arabes qui entraient dans l’islam. Ces nouveaux convertis apprenaient l’arabe mais faisaient des erreurs de vocalisation et de grammaire.

    Ces erreurs devenaient dangereuses, surtout quand elles touchaient la récitation du Coran. Une mauvaise vocalisation pouvait changer complètement le sens d’un verset.

    C’est dans ce contexte que des savants décidèrent d’établir des règles pour préserver la langue arabe. Voici les récits qui nous sont parvenus sur l’origine de cette science.


    Les événements qui poussèrent à établir la grammaire

    L’erreur qui changea le sens du Coran

    L’un des événements déclencheurs les plus célèbres concerne un verset de la sourate At-Tawba (verset 3).

    Le verset dit :

    أَنَّ اللهَ بَرِيءٌ مِنَ الْمُشْرِكِينَ وَرَسُولُهُ

    Ce qui signifie : « Allah se désavoue des polythéistes, ainsi que Son messager. »

    Autrement dit : Allah et Son messager se désavouent tous les deux des polythéistes.

    Mais à cause d’une mauvaise vocalisation, certains lisaient :

    أَنَّ اللهَ بَرِيءٌ مِنَ الْمُشْرِكِينَ وَرَسُولِهِ

    En prononçant وَرَسُولِهِ (wa rasūli-hi) au lieu de وَرَسُولُهُ (wa rasūlu-hu), le sens devient : « Allah se désavoue des polythéistes et de Son messager. »

    Ce qui donnerait un sens complètement opposé et blasphématoire !

    On rapporte qu’un bédouin entendit cette mauvaise récitation et s’écria : « Si Allah s’est désavoué de Son messager, alors moi aussi je me désavoue de lui ! »

    Quand Omar ibn al-Khattab apprit cela, il corrigea le bédouin et lui expliqua le vrai sens du verset. Le bédouin dit alors : « Par Allah, moi aussi je me désavoue de ce dont Allah et Son messager se sont désavoués ! »

    Omar ordonna alors que le Coran ne soit enseigné que par des gens qui maîtrisent parfaitement la langue arabe.

    Les confusions dans la vie quotidienne

    Les erreurs ne touchaient pas seulement le Coran. Même dans la vie de tous les jours, la mauvaise vocalisation créait des confusions.

    Deux récits ont été rapportés sur le rôle de la fille d’Abu al-Aswad al-Du’ali :

    Premier récit : la chaleur

    Un jour, Abu al-Aswad rendit visite à sa fille à Bassora. Elle lui dit :

    يَا أَبَتِ، مَا أَشَدُّ الْحَرِّ

    À cause de sa vocalisation, Abu al-Aswad comprit qu’elle posait une question : « Ô père, quel est le moment le plus chaud de l’année ? »

    Il répondit : « Le mois de Safar. »

    Elle lui dit : « يَا أَبَتِ، إِنَّمَا أَخْبَرْتُكَ وَلَمْ أَسْأَلْكَ » — « Ô père, je t’ai informé, je ne t’ai pas posé de question ! »

    Elle voulait en fait s’exclamer : « مَا أَشَدَّ الْحَرَّ ! »« Que la chaleur est intense ! »

    Second récit : le ciel

    On rapporte aussi que sa fille lui dit un jour :

    يَا أَبَتِ، مَا أَحْسَنُ السَّمَاءِ

    Abu al-Aswad comprit qu’elle posait une question : « Quelle est la plus belle chose dans le ciel ? »

    Il répondit : « نُجُومُهَا » — « Ses étoiles. »

    Elle dit : « يَا أَبَتِ، إِنَّمَا تَعَجَّبْتُ مِنْ حُسْنِهَا » — « Ô père, je me suis émerveillée de sa beauté ! »

    Elle voulait en fait s’exclamer : « مَا أَحْسَنَ السَّمَاءَ ! »« Que le ciel est beau ! »

    Il lui dit : « إِذَنْ فَقُولِي : مَا أَحْسَنَ السَّمَاءَ ! » — « Alors dis : مَا أَحْسَنَ السَّمَاءَ avec la bonne vocalisation ! »

    Une prise de conscience

    Ces récits, et d’autres encore rapportés dans les livres anciens, montrent que l’établissement de la grammaire arabe ne fut pas le résultat d’un seul événement isolé. C’est plutôt une accumulation d’incidents — erreurs dans la récitation du Coran, confusions dans la vie quotidienne, fautes commises par les nouveaux convertis — qui poussa les savants à agir.

    Chaque fois qu’Abu al-Aswad ou d’autres entendaient une erreur grave, ils prenaient conscience de l’urgence de préserver la langue.

    On rapporte qu’Abu al-Aswad, après avoir entendu quelqu’un réciter le verset de la sourate At-Tawba avec une erreur, dit :

    « لَا تَطْمَئِنُّ نَفْسِي إِلَّا أَنْ أَضَعَ شَيْئًا أُصْلِحُ بِهِ هَذَا »

    « Mon âme ne sera pas en paix tant que je n’aurai pas établi quelque chose pour corriger cela. »

    C’est cette multiplication des problèmes qui rendit l’établissement d’une science de la grammaire inévitable.


    Les deux pères fondateurs de la grammaire arabe

    Ali ibn Abi Talib : celui qui posa les fondations

    Selon plusieurs récits, c’est Ali ibn Abi Talib (عَلِيُّ بْنُ أَبِي طَالِبٍ) qui posa les premières bases de la grammaire arabe.

    On rapporte qu’Ali était préoccupé par la corruption de la langue. Un jour, Abu al-Aswad entra chez lui et le trouva pensif. Il lui demanda : « À quoi penses-tu, ô Commandeur des croyants ? »

    Ali répondit : « J’ai entendu dans votre pays des fautes de langue. Je veux écrire un livre sur les bases de la langue arabe. »

    Quelques jours plus tard, Ali donna à Abu al-Aswad une feuille sur laquelle il avait écrit les principes fondamentaux :

    « الْكَلَامُ كُلُّهُ اسْمٌ وَفِعْلٌ وَحَرْفٌ. فَالِاسْمُ مَا أَنْبَأَ عَنِ الْمُسَمَّى، وَالْفِعْلُ مَا أَنْبَأَ عَنْ حَرَكَةِ الْمُسَمَّى، وَالْحَرْفُ مَا أَنْبَأَ عَنْ مَعْنًى لَيْسَ بِاسْمٍ وَلَا فِعْلٍ. »

    Ce qui signifie :

    « La parole tout entière se divise en : nom, verbe et particule.

    • Le nom (الِاسْمُ) désigne une chose.
    • Le verbe (الْفِعْلُ) indique une action.
    • La particule (الْحَرْفُ) apporte un sens mais n’est ni nom ni verbe. »

    Ali lui dit : « تَتَبَّعْهُ وَزِدْ فِيهِ مَا وَقَعَ لَكَ » — « Continue ce travail et ajoute ce qui te viendra. »

    Cette classification (nom, verbe, particule) est devenue le fondement de toute la grammaire arabe.

    Abu al-Aswad al-Du’ali : celui qui développa la science

    Abu al-Aswad al-Du’ali (أَبُو الْأَسْوَدِ الدُّؤَلِيُّ) est reconnu comme le premier grammairien de l’histoire de la langue arabe.

    Il prit les bases qu’Ali lui avait enseignées, les développa et les enrichit. Il travailla sur ces règles et les présenta à Ali qui les corrigea et les compléta.

    Quand on demandait à Abu al-Aswad d’où lui venait cette science, il répondait :

    « أَخَذْتُ حُدُودَهُ عَنْ عَلِيِّ بْنِ أَبِي طَالِبٍ »

    « J’ai pris ses règles d’Ali ibn Abi Talib. »

    Ainsi, la grammaire arabe est le fruit d’une collaboration entre ces deux grandes figures : Ali ibn Abi Talib qui traça les grandes lignes, et Abu al-Aswad al-Du’ali qui les développa et les transmit aux générations suivantes.


    Conclusion

    La grammaire arabe est née pour une raison simple : protéger la langue du Coran.

    Les erreurs de vocalisation se multipliaient et pouvaient changer le sens des versets. Il fallait agir.

    Ali ibn Abi Talib posa les premières bases. Abu al-Aswad al-Du’ali les développa et les enseigna. Puis d’autres savants après eux continuèrent ce travail.

    Grâce à eux, la langue arabe fut protégée. Les non-Arabes purent l’apprendre correctement. Et les Arabes eux-mêmes purent garder leur langue pure.

    Aujourd’hui, nous utilisons encore les mêmes bases qu’ils ont posées il y a plus de 1400 ans. Qu’Allah les agrée et leur fasse miséricorde.

  • Les débuts de la science du ṣarf

    La science du ṣarf étudie la manière dont les mots arabes se construisent, les modèles qu’ils suivent et les changements qu’ils peuvent subir.

    Au départ, cette science n’était pas séparée du naḥw. Les savants expliquaient les deux ensemble, comme s’il s’agissait d’un seul domaine.

    Puis avec le temps, il devint nécessaire de distinguer clairement les deux sciences pour faciliter l’étude.


    Le premier ouvrage dédié au ṣarf

    Le premier savant connu pour avoir donné au ṣarf une place à part est al-Māzinī (m. 249 H).

    Il écrivit un livre intitulé « al-Taṣrīf », entièrement consacré à la morphologie.

    Ce livre marque un tournant :
    pour la première fois, les règles du ṣarf sont présentées séparément avec un ordre clair.


    Le développement progressif de la science

    Après al-Māzinī, plusieurs savants ont continué à organiser cette science et à en approfondir les notions.

    Ibn Jinnī (m. 392 H)

    • Expliqua le livre d’al-Māzinī dans « al-Munṣif ».
    • Écrivit également « al-Taṣrīf al-Mulūkī », où il expose les règles de manière plus précise.

    Ibn Yaʿīsh (m. 643 H)

    • Commenta al-Taṣrīf al-Mulūkī, ce qui facilita la compréhension pour les étudiants.

    Ibn ʿUṣfūr (m. 669 H)

    • Auteur de « al-Mumtiʿ fī al-Taṣrīf », un ouvrage référence en morphologie.

    Abū Ḥayyān (m. 745 H)

    • Résuma cet ouvrage dans « al-Mubdiʿ mina al-Mumtiʿ ».

    Grâce à ces travaux successifs, le ṣarf est devenu plus clair, plus structuré, et plus accessible.


    L’importance de l’ouvrage al-Shāfiyya

    Parmi les ouvrages célèbres du ṣarf, l’un des plus connus est « al-Shāfiyya » d’Ibn al-Ḥājib (m. 686 H).

    Dans ce livre, les règles principales sont rassemblées de manière claire et ordonnée.

    Ibn al-Ḥājib y a extrait les règles de morphologie de :

    • « al-Mufaṣṣal » de al-Zamakhsharī,
    • et « al-Mufaṣṣal » est lui-même un résumé de « al-Kitāb » de Sībawayh, l’un des piliers de la langue arabe.

    Conclusion

    L’histoire du ṣarf montre une évolution progressive :

    • Au début, il était intégré au naḥw,
    • puis il fut séparé grâce au travail d’al-Māzinī,
    • ensuite plusieurs savants l’ont expliqué, enrichi et structuré,
    • jusqu’à l’organisation aboutie que l’on retrouve dans des ouvrages comme al-Shāfiyya.

    Aujourd’hui, cette structure rend l’étude du ṣarf plus simple, plus claire, et plus accessible.

    Connaître les savants qui ont transmis cette science aide à comprendre leur rôle essentiel dans sa préservation.